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ATELIER 27 Etude rénovation énergétique
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Rénovation énergétique : vers un parc immobilier à deux vitesses
La rénovation énergétique des bâtiments est une réalité. Mais, si elle fonctionne, pour l’instant, à plein régime pour les logements sociaux, la situation est beaucoup plus contrastée concernant les logements privés. C’est, en substance, la conclusion de l’échange des intervenants d’une plénière de la 13e édition des Assises de l’Énergie.
Grâce à un plan Grenelle ambitieux, la rénovation énergétique des logements sociaux est rapidement devenue concrète. En deux ans, 100.000 logements ont été rénovés, sur un objectif de 800.000 d’ici à 2020. Tels sont les chiffres avancés par Thierry Repentin, sénateur de Savoie et président de l’Union sociale de l’habitat. Outre le bénéfice écologique, ces travaux ont permis de créer 33000 emplois directs, et ont surtout permis aux locataires de réaliser un gain de pouvoir d’achat de 300 à 1 000 euros par an, sachant que le loyer moyen se situe un peu en dessous de 500 euros. Pour autant, la dynamique est encore fragile car « on ne peut pas se projeter d’une année sur l’autre ». La solution pourrait venir d’une augmentation de la part du fonds européen de développement régional (FEDER), aujourd’hui limité à 4 % pour la période 2009-2013.
Un appel au FEDER
Or, une hausse de 20 % du FEDER est actuellement dans les cartons de l’Union européenne qui commencera bientôt les discussions budgétaires pour la période 2014-2020. Le conseiller du directeur de la DG Région de la Commission européenne, Wolgang Streintenberger est persuadé de l’utilité de cette hausse même si la situation européenne à ce sujet est disparate. Si la France, dont l’ingénierie financière est éprouvée pour les logements sociaux, est très demandeuse de ses fonds, ce n’est pas le cas de nombre de pays européens dans lesquels l’habitat social est moins structuré. Pourtant, Dider Manier, de Partenord, qui s’occupe de la rénovation d’une tour des années 50 dans le Nord-Pas de Calais, est convaincu qu’il est très important « que l’Union européenne, à travers le FEDER, rende des projets de rénovation éligibles ». Même si l’aide peut paraitre anecdotique, en l’occurrence 100 000 euros sur les 4,3 millions du chantier. Tout en mettant en garde : « les fonds européens doivent servir de levier mais pas se substituer aux fonds de l’État ».
Le logement privé à la traîne
La députée européenne EELV, Karima Delli, également présidente du groupe URBAN, appelle de ses vœux le déplafonnement du FEDER, qualifiant d’urgente la situation qui représente « un défi énergétique et un défi social ». Pour elle, la rénovation énergétique est aussi un outil indispensable de lutte contre la précarité énergétique mais il faudrait que le FEDER soit élargi aux copropriétés, au risque de voir deux parcs en compétition : le public et le social, pilote, et le privé à la traîne. Car, en ce qui concerne le logement privé, le bât blesse. Jérome Gatier, Directeur du Plan bâtiment Grenelle, constate que ce pan du parc nécessite « d’autres aspects que le financement pour convaincre les gens » et regrette le manque de visibilité et de simplicité des aides. De même, s’agissant des copropriétés le processus de décision rend le processus de rénovation extrêmement compliqué à mettre en œuvre. Pour y remédier, il espère que son projet d’éco-prêt à taux zéro pour les copropriétés pourra se faire dès cette année. Avant de conclure qu’ « il y a énormément de travail à tous les niveaux pour mettre en place véritablement les directives du Grenelle ». Tout est affaire de pédagogie et de cohérence. Au-delà du financement, « on ne peut pas adhérer à quelque chose qu’on ne comprend pas », explique Thierry Saniez, délégué général de la confédération logement cadre de vie (CLCV). Lequel demande que soient effectués des diagnostics préalables et une concertation réelle, combinés à un financement transparent, faute de quoi les gens se méfieront de ses propositions de rénovation. Et ce n’est pas fini : une fois les travaux effectués, il faut une pédagogie de l’usage pour éviter que ces efforts de rénovation ne soient, au final, contreproductifs, rappelle Didier Manier au nom de Partenord.
Timothée Bongrain | Source ENERPRESSE